Nouadhibou

 


Nouadhibou — Deuxième ville de Mauritanie

1. Aperçu général

Nouadhibou est la deuxième plus grande ville de la République Islamique de Mauritanie et le principal centre commercial et portuaire du pays après la capitale Nouakchott. Elle est le chef-lieu administratif de la région de Dakhlet Nouadhibou et constitue un pivot économique majeur, notamment pour les activités portuaires, la pêche, l’exploitation minière et le transit ferroviaire.

Fondée à l’origine comme un port de pêche sous divers dominations européennes, elle joue aujourd’hui un rôle stratégique en tant que point de connexion entre les zones minières de l’intérieur du pays et les marchés internationaux.


2. Population

Démographie actuelle

  • Selon les données du recensement de 2023, la population de Nouadhibou est d’environ 173 525 habitants, ce qui en fait la seconde ville la plus peuplée du pays après Nouakchott.
  • La population est généralement jeune, avec une forte proportion d’habitants nés dans les dernières décennies et une croissance soutenue liée à l’urbanisation et aux migrations économiques.

La ville est marquée par une diversité ethnique significative, reflet des migrations internes et transfrontalières, incluant des Mauritaniens de diverses origines, mais aussi des populations venues du Mali, du Sénégal et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, attirées par les opportunités économiques liées au port et à la pêche. (données démographiques générales issues des analyses démographiques récentes sur la ville)


3. Géographie

Localisation et milieu physique

Nouadhibou est située à l’extrême nord-ouest de la Mauritanie, sur la péninsule de Ras Nouadhibou (également appelée Cap Blanc ou Cabo Blanco), qui s’avance dans l’Océan Atlantique. La partie occidentale de la péninsule appartient au Sahara Occidental, ce qui place la ville à seulement quelques kilomètres de la frontière avec ce territoire.

Cette position littorale confère à Nouadhibou un climat désertique chaud (classification BWh), avec des précipitations extrêmement faibles (virtuellement nulles sur l’année) et des températures influencées par les courants marins atlantiques — plus modérées que dans les zones sahariennes intérieures.

La ville est organisée en plusieurs zones principales :

  • Le centre-ville, incluant l’aéroport international,
  • Numerowatt au nord,
  • Cansado, la principale zone résidentielle au sud,
  • Et une zone résidentielle associée aux installations portuaires (“Port Minéralier”) destinées à l’exportation du minerai de fer.

4. Histoire

Origines et colonisation

L’implantation de Nouadhibou remonte au début du XXᵉ siècle, sous l’influence européenne. Avant la colonisation, la zone était peu urbanisée, avec des activités de pêche locales. Sous domination portugaise puis néerlandaise, elle fut progressivement intégrée au réseau colonial français.

En 1907, par décret du gouverneur général de l’Afrique occidentale française Ernest Roume, la ville fut officiellement nommée Port-Étienne en l’honneur d’Eugène Étienne, ministre français des Colonies. À l’indépendance de la Mauritanie en 1960, la ville adopta le nom de Nouadhibou.

Développements économiques et infrastructure

Les infrastructures se sont développées rapidement à partir des années 1960, d’abord avec l’extension du port et ensuite avec la construction du chemin de fer minier vers les mines de Zouérat et Fdérik (environ 674 km à l’intérieur des terres), facilitant l’exportation du ** minerai de fer**, aujourd’hui l’une des industries principales de la région.

Rôle migratoire contemporain

Depuis le début des années 2000, Nouadhibou est également devenue un point de départ majeur pour les migrants africains cherchant à atteindre l’Europe, notamment les îles Canaries, via des traversées maritimes périlleuses. Cette dimension migratoire a façonné une réalité sociale complexe, avec une population diverse confrontée à des enjeux de sécurité, de mobilité et de droit d’asile.


5. Économie et activités

Port et pêche

Le port de Nouadhibou est au cœur de l’économie locale. Traditionnellement un centre de pêche essentiel — profitant des eaux riches en petits pélagiques de l’Atlantique — il accueille encore aujourd’hui des flottes locales et internationales.

Paradoxalement, certaines zones du port présentent un ensemble de navires abandonnés formant ce qui est souvent décrit comme l’un des plus grands “cimetières de navires” au monde, résultat de pratiques de décharge anciennes.

L’activité portuaire est intimement liée à l’exportation de minerai de fer, acheminé par le chemin de fer depuis l’intérieur saharien mauritanien, qui demeure la colonne vertébrale industrielle de la région.

Commerce et services

Outre l’industrie extractive, la ville dispose d’un tissu de commerces, marchés, services et connexions de transport qui en font un centre névralgique pour le commerce transfrontalier et les liaisons régionales avec le Sahara Occidental, le nord du pays et la façade atlantique.


6. Enjeux contemporains

Nouadhibou fait face à plusieurs défis structurants :

  • La gestion durable des ressources halieutiques, avec des pressions croissantes sur les stocks de poissons et des enjeux géopolitiques autour des accords de pêche internationaux.
  • La pression migratoire, qui met en lumière des questions de droit humain, de sécurité maritime et d’intégration locale.
  • L’infrastructure urbaine et les besoins sociaux, notamment en matière d’emploi, d’accès aux services publics et d’organisation du développement urbain.